dimanche 28 décembre 2008

Les danseuses de lune


On a offert à ma cavalière un nouveau livre sur les elfes : "Leçon d'elficologie" de Pierre Dubois, Roland et Claudine Sabatier. C'est comme un livre de lecture de l'école primaire, quand elle était petite, avec un petit garçon et une petite fille qui vous font découvrir les secrets du pays des elfes, des fées et lutins, des leçons de choses pour apprentie sorcière, des cours de géographie des pays de l'autre coté du miroir ...
Elle a décidé de me faire une leçon chaque fois qu'on se verra. Ensuite, je ferai les exercices du livre. La première lecture s'appelle " En route pour l'école". On y présente les personnages et il y est question de jonchées de feuilles d'or qui tourbillonnent, de pomme de Blanche neige et de danseuses de lune qui viennent de se coucher ...
Qui sont les danseuses de lune ? c'est mon premier devoir ! Pour cette fois ci ce n'est pas trop difficile : des danseuses de lune, il y en a plein la carrière à la nuit tombée, dans le carré de dressage.
On les voit quand la lune est ronde comme le nouveau ballon de mon ami Victor. D'abord on ne voit rien, puis peu a peu, il y a comme une brume au ras du sol qui tourbillonne et se tortille au son d'une musique que je n'entend pas, mais il y a comme un battement, un rythme. La brume forme des cercles, des figures, des arabesques d'argent sur le sable et plus je regarde, plus je vois de choses dans les entrelacs mouvants : Une robe comme une aile de libellule, un oeil rouge bordé de longs cils blancs. Je suis émerveillé mais j'ai peur aussi ... Si on les regarde danser trop longtemps, les demoiselles de lune prennent votre âme et vous êtes condamné à danser avec elles jusqu'à la fin des temps ...Alors sagement, je tourne le dos à la fenêtre de mon box et je grignote un peu de foin, je somnole en attendant le matin et la fin des sortilèges.

samedi 27 décembre 2008

Des effets du froid sur les êtres humains ...

Voilà longtemps que je n'avais écrit un petit mot sur mon blog ! J'étais malade : après l'enflure du postérieur, j'ai eu une attaque de boutons foudroyantes : Figurez vous que mon Alexandre, pour faire plaisir à mon humain, m'avait tondu pour que je sois beau et que je transpire moins au travail . Cela n'a servi qu'à mettre en valeur ces horribles boutons ! "Transpirer" et "Travail" , deux mots que je déteste : avez vous remarqué que de nombreux mots désagréables commencent par "T" ? ( Tendinite, Taloche, Tétanie, Ténia ...). Enfin, nous voilà sorti des piqûres et autres remèdes désagréables.
Maintenant, il fait un froid de canard et la carrière est souvent gelée , de sorte que je suis obligé de travailler sous le manège avec les vélociraptors que les chasseurs n'ont pas décimés.
Malgré la température, mon elfe, qui est rustique, m'emmène en balade en forêt avec les amis ( Orozco, Victor et JB). Comme nous sommes tondus, nous avons nos couvertures . La mienne est kaki bien sûr, pour mieux me fondre dans les bois. Quand on y pense, c'est quand même curieux de nous tondre pour nous mettre des couvertures ... Peut être qu'elle n'aime pas mes poils ? En tout cas, elle aussi a ajouté des épaisseurs sur elle . Hier , c'était particulièrement bizarre : elle avait enfilé une espèce de truc kaki et bleu qui ne laissait voir que les yeux. J'avais un gros tas de tissus sur le dos, tout raide ! La prochaine fois, je lui conseillerai de rester avec moi dans mon box. Alexandre nous paille bien épais et il fait bien chaud. Si elle est tondue comme moi, je lui prêterai un bout de ma couverture. Les moineaux se sont un peu oubliés dessus mais dessous elle est bien chaude. On grignotera des pommes en se racontant des histoires de paddock ... Elle me grattera le garrot et aussi le bord de l'oreille gauche. Il est temps que je lui apprenne à prendre la vie du bon coté !

samedi 1 novembre 2008

Tel elfe, tel cheval ...

Cette semaine ça n'allait pas très fort : Mon copain Victor et moi avons attrapé une maladie bizarre ... Nous avons les postérieurs qui gonflent ! Moi , c'est surtout le droit. Le docteur est venu et a dit que c'était peut être le foin. En tout cas, c'est piqûre tous les jours et ce n'est pas drôle ! C'est Alexandre qui s'occupe de moi. J'aime bien Alexandre . En plus, il fait très mauvais. Inutile de vous dire que nous n'allons pas trop au paddock en ce moment. Dans mon malheur, j'ai quand même eu un sujet de satisfaction : mon elfe est venu me voir mercredi.
Ce midi, nous avions un cours avec Simon, et bien devinez quoi ? Elle aussi, elle avait le postérieur droit enflé ...Je lui avais pourtant dit de se méfier du foin ! Je crois que notre promenade dominicale est compromise. Elle boite bas et un cheval respectueux de son humain ne le fait pas travailler quand il est mal en point . Je lui ai conseillé de voir son vétérinaire . Je ne sais pas si elle a un Alexandre pour les piqûres ...Ce n'est que partie remise avec Orozco et Victor. J'attendrai qu'elle aille mieux et nous ferons à nouveau les fous dans les bois comme la dernière fois.

samedi 25 octobre 2008

Le premier cheval de l'elfe.

En Espagne ,il y a de drôles de poissons ...


Mon elfe me raconte souvent des histoires tout en passant l'étrille sur mes flancs . Les humains ne savent rien faire silencieusement. C'est une espèce bavarde qui bourdonne sans répits, un peu comme les abeilles, mais en moins piquant et en moins organisé.
La plus part du temps, je prend l'air intéressé et je la regarde de mon air le plus concerné, mais il faut bien l'avouer, cela me passe bien au dessus de la crinière ...
Le seul moment où j'écoute vraiment, c'est quand elle parle de nous bien sûr. Elle m'a parlé de son premier cheval , et même du second ! J'étais un peu contrarié d'apprendre que je ne suis que le numéro trois !
Il paraît que quand elle avait cinq ans, elle passait ses vacances en Espagne, à Alicante, chez sa grand-mère. Tous les jours, la famille allait à la plage. A l'époque, ce n'était pas ces pauvres langues de sable bétonnées et plantées de clapiers à touristes surpeuplés et bruyants. En ce temps là, c'était la plage immense, à perte de vue, et les dunes, et derrière les dunes, les forêts de pins ... C'était la mer immense et calme et le soleil. Sur la plage, il n'y avait personne, à part papa qui faisait la tortue et l'emmenait nager au large accrochée sur son dos, maman qui restait avec son frère Michel au bord de l'eau et surtout mamie et son sac en tapisserie avec dedans des sandwichs au chorizo !
Parfois, la famille partait pour la journée à San juan avec un picnic et tout le monde déjeunait sous les pins. Ces arbres ne poussaient pas tous très droit et là où ils avaient l'habitude de s'installer, il y en avait un en particulier, qui ressemblait à un cheval ( du moins pour une petite fille de cinq ans avec beaucoup d'imagination). Elle passait de long moment juchée sur le tronc d'arbre, à faire" comme si", avec tout le sérieux de cet âge. Elle lui faisait une selle avec une serviette de bain et elle l'avait appelé "Tornado", tout cela sous le regard envieux de son petit frère. Possessive déjà, elle ne laissait personne approcher de son cheval, au grand amusement de ses parents et au grand désespoir de Michel qui de rage décida un jour de pisser sur le pin pour que sa soeur ne puisse plus le monter !


Je préfère prévenir : si cet individu se présente aux écuries pour me pisser dessus, je botte !

dimanche 19 octobre 2008

Taïaut dans les bois !

Hier, nous sommes partis en ballade . Il y avait Orozco, Victor et Jacquou. Nous avons fait une longue promenade avec de la route, de la plaine et des bois . Et dans les bois , devinez quoi ? Nous avons galopé tous ensembles ... J'avais envie de faire la course, mais l'elfe n'était pas d'accord . Je pense que nous avions des chances de gagner pourtant ! Au moins Jacquou ... Elle n'a pas l'esprit de compétition, il va falloir que je me résigne . Peut être qu'on recommencera aujourd'hui ?
En tout cas, elle m'a acheté un beau tapis noir comme je les aime. Son goût s'améliore à défaut de son assiette. J'en ferai peut être quelque chose un jour ... Il faut que je me trouve un coach. Je vais demander à Orozco, car son humain à l'air bien dressé !

vendredi 17 octobre 2008

Travail d'elfe




Nous le savons tous, rien n'est gratuit en ce bas monde et moi comme les autres, je suis tenu d'effectuer ma part de travail pour gagner ma ration quotidienne. Tous les jours que Dieu fait ( le Dieu des chevaux est-il celui des hommes ? vaste débat , et sûrement autre passage de mon journal !) je me rend à la carrière avec Corentin, Simon, Alexandre ou l'elfe.


Pour les néophytes, une carrière est un grand espace plein de sable, de bobines, de barres et de seaux , bordé de végétations qui s'agitent par grand vent, de chiens qui vous regardent vous évertuer d'un air dubitatif et traversés par d'ignobles volatiles au plus fort de vos évolutions.
En quoi consiste donc ce travail en carrière ? je vais vous parler de ce que je fais avec l'elfe car c'est de loin le plus étrange... Elle est accompagnée la plus part du temps de Simon qui semble être celui qui propose les activités. Elle commence par me promener en main autour de la carrière , sans doute afin de me faire constater qu'il n'y a pas de vélociraptors dans ce temple de la grâce équine. Las, la pauvre ne voit pas les gnomes, les fantômes et les lutins , mais à ce stade, je fais comme si de rien n'était, malgré les ricanements sournois du petit peuple : à peine si je pointe mes oreilles vers le bruit, pour ne pas inquiéter l'elfe !
Après un tour ou 2, elle "sangle". Toujours pour les néophytes, les humains mettent sur nos dos un petit siège en cuir afin de s'y asseoir ( je vous demande un peu !) et c'est la courroie qui maintient ce dispositif qu'elle resserre ...Il faut dire que j'ai la taille fine, contrairement à mon cousin Orozco qui est plus ...charpenté ! Une fois juchée sur mon dos, nous voilà repartis au pas . Et c'est là que les ennuis commencent : Simon se met à parler.
D'abord il lui demande de commencer à "m'orienter" en me faisant faire des assouplissements. Je ne comprend pas toujours la finalité de la manoeuvre. Pour commencer je trouve que je suis parfaitement orienté par rapport à la direction que l'on me fait prendre : j'ai la tête dans l'alignement de mon postérieur et l'ensemble va en direction de l'avant ! mais la voilà qui commence à pousser mes hanches d'un coté et de l'autre, puis qui essaie d'amener mon nez sur sa botte ... Pour ce qui est du nez sur sa botte, amateurs de sensations fortes , il y a de quoi épanouir vos naseaux ! Au bout d'un moment, bien que peu convaincu du bien fondé de l'affaire, je m'exécute car l'elfe s'agace et je n'aime pas la contrarier à ce point, ce n'est pas professionnel . Le même genre d'exercice se poursuit au trot, avec plus ou moins de bonheur : comme je ne rentre jamais mon ventre en début de séance, mon trot est un peu inconfortable et elle a du mal à être claire dans ses demandes. Enfin, nous galopons et nous faisons ce que Simon appelle des transition et qui consiste à passer du galop au trot, puis à nouveau au galop. Nous faisons aussi des "allongements" , mais à ce stade, j'avoue ne pas trop faire d'effort car je sais que c'est loin d'être fini ! Ils appellent cela une détente. Moi, la détente, je la conçois plutôt au fond d'un paddock, ou bien en ballade avec Orozco et Victor. Enfin, Simon prononce le signal du retour au calme : " Est-ce que ton cheval est bien disponible ? est-ce qu'il répond à tes demandes ?". Ceci dit, je suis toujours disponible pour les choses intéressantes comme les ballades, les pommes, les carottes, les crêpes ...il n'y a pas besoin de me "détendre" pour ça !
Nous attaquons maintenant la seconde partie de la séance, où nous travaillons des exercices différents sur un même thème. La semaine dernière , c'était travail "longitudinal"... D'abord Simon installe un couloir de barres sur la carrière. Une fois le dispositif en place, il explique à mon elfe : "voilà, ceci est un pont, et de chaque coté du pont, il y a un précipice . Tu dois faire l'exercice sans que Domino ne pose un pied à l'extérieur, sinon c'est la chute ! Tu dois passer sur le pont , sinon ...c'est le drame ! " Cette histoire de précipice, doit être semblable à mes fantômes : c'est quelque chose que l'elfe voit, mais que je suis incapable de percevoir. Dans le doute, je fais comme Simon a dit car mon elfe a l'air d'y croire, et je ne souhaite pas me retrouver au fond d'un précipice par manque de foi.
Les exercices se succèdent sur le pont bordé d'un précipice ...De temps en temps, j'essaie de suggérer qu'il est l'heure de manger et que je retournerai bien dans mon box voir si mon bon Alexandre a déposé quelque chose de comestible dans ma mangeoire . Pour cela, je me campe devant la sortie de la carrière avec détermination. Mais ça ne fonctionne pas pour le moment ... Moi aussi j'aurais besoin d'un Simon pour réussir le dressage de mon elfe . Enfin arrive le moment où elle abandonne les rênes . Je sais que je ne vais pas tarder à avoir des baisers sur les naseaux, des gratouilles à la base de l'encolure et des pommes ... Le meilleur du travail, c'est quand c'est fini.

samedi 11 octobre 2008

Promenade en forêt

Je ne vous ai pas raconté ma promenade en forêt de la semaine dernière avec mon ami Victor . Il ne faisait pas beau ( pluie et vent) et je n'étais pas vraiment en forme ( un petit chatouillis dans la gorge quand je prend le trot). L'elfe a voulu faire une petite détente avant de partir : Victor n'était pas encore prêt ...

J'ai vu arriver ce tout petit cheval , Pistache, un petit coquin tout rond que j'aime bien aussi, malgré le fait qu'il m'a fait faire quelques bêtises qui ont fait tomber mon humain. Je l'ai quand même bien surveillé du coin de l'oeil pendant la détente , car prudence est mère de sûreté, et moi, j'aime bien prudence...

On est enfin parti, le grand Victor devant, moi en deuxième position et Pistache bon dernier. L'elfe avait oublié de me mettre un couvre rein et il commençait à pleuvoir ! Heureusement, l' humain d'Orozco s'en est aperçu ! Comme je l'ai déjà dit, mon elfe est gentille, mais un peu "distraite". Heureusement que nous sommes entourés d'humains expérimentés car dans le cas contraire, j'aurais beaucoup trop de travail pour combler ses lacunes !

Nous avons commencé par marcher un long moment le long de la route . Nous avons croisé des voitures mais personne n'a eu peur. Enfin, nous sommes arrivé sur le chemin où j'ai galopé avec Orozco, et là nous avons pris le trot. J'adore trotter en extérieur, même quand il bruine un peu, même quand il y a du vent. Je me suis "mis en place" comme dit mon elfe, et j'ai pris mon trot de gala, mon trot d'espagnol, celui qui a fait battre son coeur très fort quand elle m'a vu à Montigny sur loing ...Je l'ai senti à l'aise sur mon dos. Elle suivait bien mes mouvements et surtout , elle était heureuse., confiante . Une bulle de bonheur que j'emportais dans la pluie et le vent...Plus tard, on a recommencé dans la forêt . Dans ces petits moments là, j'oublie les jours où nous ne réussissons pas à être ensemble, où je ne comprend pas ce qu'elle veut que je fasse et où elle est mécontente.

J'aime les promenades dans la tempête avec Victor, Pistache et mon elfe des bois ...

samedi 4 octobre 2008

Absence suite ...

Mon ami Orozco m'a dit que quand mon elfe part, c'est parce qu'elle m'aime. Alors, si c'est par amour, je veux bien ...Mais pas trop longtemps : je peux faire sans carottes, sans joli tapis vert, mais je ne peux pas vivre sans bisous sur le nez quand on met mon filet ! Mon ami Orozco est plus jeune que moi, mais il sait beaucoup de choses : Il dit que les pigeons ne sont que des rats volants et qu'il est stupide d'en avoir peur ... Je ne sais trop qu'en penser. Je croyais que c'était les chauves souris qui étaient des rats volants.
D'un autre coté, c'est mon humain qui soutient la thèse du vélociraptor, et chacun sait que les humains, mêmes les plus brillants, sont un peu limités, contrairement à nous ...
Aujourd'hui , elle était là , et les grattouilles aussi. Je n'avais pas très envie de travailler . C'était plutôt un temps à promenade ou à rêverie dans le paddock. J'ai quand même fait un effort pour lui faire plaisir, et pour faire plaisir à Simon, mais je crois qu'ils se sont aperçu que je manquais un peu d'entrain .
D'ailleurs, je crois que je vais aller dormir de bonne heure : demain, il faut que je l'emmène promener, et avec l'ouverture de la chasse, elle va encore avoir peur de tout !

Absence ...

Aujourd'hui, l'elfe n'est pas venu ... Pourtant, c'est vendredi, jour où elle revient à la maison après une semaine d'absence . Elle part je ne sais où, faire je ne sais quoi ! Que peut-il bien y avoir de plus important que de venir voir son cheval pour un être humain ?
Moi, je l'ai attendu tout le temps et je me suis préparé pour l'accueillir dignement . Comme il se doit, je me suis consciencieusement roulé dans les paddock boueux, pour qu'elle ait le plaisir de passer une heure à m'étriller, me brosser, me gratouiller. J'ai pris soin d'insister sur la crinière, jusqu'à avoir des tresses de boue, juste pour le plaisir d'entendre sa voix surprise . Quand elle me voit comme cela, transformé en statut de terre, elle a l'air tellement contente : Elle dit que je me suis bien amusé en son absence ! Comme ça à l'air important pour elle que je m'amuse, je fais en sorte qu'elle n'ai aucun doute à ce sujet.
Donc, j'avais fait mon travail de cheval attentionné . Encore une fois , j'avais veillé à son bien être moral, et elle n'est pas venu ...D'autres me caressent et s'occupent de moi quand elle n'est pas là, mais ce n'est pas tout à fait pareil. Quand je met mes naseaux dans le creux de son cou, il y a une odeur sucrée, un mélange de miel, d'orange et de fleur. Elle me gratte longuement sur l'épaule, et aussi à la base de la crinière. Et il n'y a qu'elle qui m'embrasse sur le nez en me mettant mon filet ... Elle dit qu'elle part gagner sa vie . Qu'est ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il faut qu'elle fasse de l'épaule en dedans pour qu'on lui donne à manger ? S'il n'y a que ça, je veux bien partager ma ration et mon box avec elle.
Peut être qu'elle sera là demain ?

mardi 30 septembre 2008

Ouverture de la chasse aux pigeons ?

Dimanche, nous sommes partis en promenade sur la plaine avec mon ami Orozco . Mon elfe est arrivée juste à la fin de la sieste. Il faisait beau et chaud et je serai bien resté à l'ombre dans mon box à mâchouiller du foin , mais il fallait bien que je m'occupe d'elle et que je la promène un peu. Avoir un être humain est une lourde responsabilité : Il faut veiller à son bien être physique et mental en faisant en sorte qu'il exerce ses muscles à suivre nos allures, et son cerveau à anticiper nos réactions . Il faut aussi essayer de le garder d'humeur joviale en acceptant de se plier à certaines de ses lubies. Je vous ai déjà parlé de son goût marqué pour le vert ( personnellement, j'aurais préféré une tenue noire, élégante et de bon goût ), mais savez-vous que depuis quelques temps, elle s'amuse à orner mon front d'un truc qu'elle a ramené de Cordou : un frontal chasse -mouche en crin avec des rosettes vert et jaune !! La première fois qu'elle me l'a mis, je pensais avoir été clair en le faisant tomber au premier trot, mais il semble qu'elle soit "non comprenante", pour ne pas utiliser un terme plus mal sonnant. Elle a récidivé Dimanche et devant son air béat, j'ai cédé : elle avait l'air toute contente, et moi, finalement, cela ne me dérangeait pas ... !


Il faisait beau donc , et Orozco et moi avions décidé de promener nos humains . Au début, tout était tranquille. On entendait bien au loin comme des claquements, mais les voix de nos cavalières étaient calmes, voir joyeuse pour la mienne, et leurs corps détendus. Comme à l'accoutumé, j'étais derrière Orozco pour protéger ses arrières. Comme chacun le sait, c'est le plus courageux qui reste derrière au cas où un vélociraptor surgirait de derrière la touffe d'herbe que l'on vient de dépasser. En arrivant en vue du chemin qui passe entre les champs de maïs, nous avons aperçu un groupe d'humain qui faisait demi tour. J'ai senti mon elfe se raidir un peu et sa voix n'était plus si joyeuse ... Mais Orozco a continué en direction des maïs, et j'ai suivi, toujours dans l'idée de le protéger, et aussi un peu pour ne pas rester tout seul ...En arrivant à l'entrée de l'allée, Orozco s'est pointé et a rebroussé chemin. Moi, n'écoutant que mon courage, j'ai fait de même , pour éloigner mon elfe du danger bien sûr ...Ceci dit, le danger, je ne l'avais pas encore vu ... En me retournant pour voir ce que je fuyais , heu non, ce dont je protégeais ma cavalière, nous avons vu des humains qui parlaient fort avec des fusils et des chiens. Les fusils, je connais : ça fait un bruit d'enfer. J'aurais préféré qu'on évite cette maudite allée !!! Mais la cavalière d'Orozco était déterminée à passer. Nous avons fait plusieurs tentatives, avant de finalement nous engager dans cette haie de chasseurs . Personnellement, je n'ai pas apprécié la mystérieuse caisse avec des trous au milieu de l'allée : cela ressemblait à un nid de vélociraptor ! C'est pourquoi j'ai décidé de passer au trot, dos au maïs, face à la boite, pour bien la surveiller . Pour être tout à fait franc, les arrières d'Orozco étaient loin devant moi et j'ai eu un peu peur de rester tout seul avec les chasseurs et la caisse . Bref, nous sommes passés . Le reste de la promenade c'est déroulé dans le calme et la bonne humeur, si ce n'est le coup de feu qui a fait peur à l'elfe. Pour la tranquilliser, j'ai pris le galop pour lui montrer qu'elle pouvait me faire confiance pour l'emporter rapidement loin de tout danger ! C'est curieux, mais j'ai l'impression qu'elle n'a pas compris mon geste ... Quand je dis qu'elle est "non comprenante", ce n'est pas simplement une vue de l'esprit. Mais bon, elle n'oublie jamais les carottes, les pommes et les petits pains suédois, et c'est une qualité importante chez l'être humain . Je souhaite en tout cas que la semaine prochaine, notre promenade soit un peu moins mouvementée.

samedi 27 septembre 2008

Manège de Samhain


Dans quelques jours, ce sera Samhain . Ma cavalière s'interroge sur la "périodicité" de mes frayeurs ... l'explication est fort simple . Il y a quatre sabbats principaux dans l'année : Imbolc (2 fevrier), Beltane (1er mai), Lughmasadh (1er août) et Samhain (31 octobre). A l'occasion de ces sabbats, les cours elfiques se déplacent et on peut faire de mauvaises rencontres la nuit . Surtout vous pauvres humains aveugles et sourds ! Quoi qu'il en soit, c'est dans les paddocks sous les pommiers que se rassemblent tous les esprits du 77 avant la grande transhumance ! Il commence à y avoir du monde à nous regarder faire des cessions à la jambe ... Ce matin encore, en plus de la Samca, j'ai vu des pixies s'empiffrer de fruits tombés par terre. C'est tout simplement hallucinant de voir avec quelle insouciance vous marchez au milieu de cette foule bizarre et colorée. Pour la Samca, il est vrai qu'elle n'est pas du 77 celle là... Elle est arrivée cet été avec des gens du voyage, et comme elle trouvait l'endroit plaisant, elle s'est installée près du poteau dont je vous ai parlé. Elle n'est pas vraiment méchante, mais il est préférable de ne rien lui demander, vous pourriez l'obtenir ...En tout cas, elle se distrait en surgissant brusquement devant moi en pleine diagonale : je fais un écart , l' elfe se fâche et elle ça l'amuse !

Enfin voilà, j'aurais prévenu. Il me semble que ces prochains jours, les séances de travail seront animées . Vivement le 31 octobre, que nous retrouvions nos frayeurs ordinaires, à savoir les pigeons , le vent dans les bâches et les coup de fusils des chasseurs. Demain, c'est l'ouverture de la chasse. C'est aussi dimanche, jour de promenade . Je vais encore vivre des temps interessants ...Et mon elfe aussi !

jeudi 25 septembre 2008

Manège story


Il y a toujours un moment dans la journée, où je dois travailler. En ce bas monde, rien n’est gratuit et il faut bien gagner son foin quotidien !
Je n’échappe pas à la règle et c’est dans la carrière que je m’entraîne avec mon elfe, ou bien son professeur.
La plus part du temps, ils sont satisfaits de ma prestation mais je dois avouer que les débuts de séance sont toujours un peu délicats : A main droite, je déteste passer à l’endroit où commence la partie couverte de la carrière et qu’on appelle « le manège ».
D’abord, je déteste le manège lui-même, à cause des pigeons. C’est très dangereux, un pigeon. Ça roucoule très fort au moment où je m’y attends le moins. Ça vole en rase motte au dessus de ma crinière, ou bien ça fait des bruits bizarres dans les poutres de la toiture. Ça décolle brutalement dans mes jambes alors que je trotte tranquillement, sans ennuyer personne ! Il arrive même que ça crotte sur mon arrière main ! Voilà comment je vois les choses :
1) les pigeons sont des oiseaux
2) Les oiseaux sont les descendants des dinosaures.
3) Il y avait des dinosaures carnivores.
4) Les carnivores mangent les chevaux
5) Si les pigeons descendent des dinosaures carnivores, alors ils peuvent manger Domino.
La prudence veut donc que j’évite de travailler dans un lieu où s’ébattent sans vergogne des animaux susceptibles de me dévorer pendant que je m’applique sur mon épaule en dedans !
J’ai essayé d’expliquer cela à l’elfe, mais elle est imperméable à la beauté de mon raisonnement.

Mais ce n’est pas ce qui me trouble le plus. Curieusement, il semble que les humains soient totalement inconscients de tout ce qui rôde, invisible, autour de leur fragile personne. Tout un monde d’esprits, de lutins, de fantômes pas vraiment bienveillants les accompagne, alors qu’insouciants, ils vaquent à leurs occupations.

Ainsi, mis à part Orozco, Victor et moi, personne ne semble remarquer la « Samca » qui a élu domicile à l’entrée du manège, à main droite, près du premier poteau.
Une « Samca », c’est une démone de Roumanie… Elle est très belle dans ses voiles de brume, avec sa chevelure comme le soleil couchant, sanglante comme sa bouche charnue et ses yeux en amande. Elle peut être aussi petite qu’un champignon, ou au contraire, plus haute que le plus haut chêne de la forêt. Elle peut être invisible aussi. Que fait une démone Roumaine à l’entrée du manège de Crêvecoeur ?

mardi 23 septembre 2008

... Et les elfes !

J'ai dit que je vous raconterais pourquoi on surnomme ma cavalière " l'elfe". C'est surtout pour son professeur d'équitation que je raconte , parce qu'aux écuries, à part lui, tout le monde sait bien pourquoi !

Cela n'a rien à voir avec son physique. Nul n'ignore que les elfes des forêts et les hauts elfes sont des êtres beaux , éthérés et amoureux de la nature. Il y a aussi les elfes de sang ou les drows, et ceux là sont aussi dangereux que magnifiques. Ma maîtresse n'a d'elfique que la couleur de sa culotte de cheval ! Elle n'a rien de "vaporeux", elle est même bien en chair , la coquine... Elle est dangereuse pour toutes les boîtes de chocolat qui croisent son chemin, mais je ne crois pas que ce soit une caractéristique des elfes de la nuit .Quand à sa beauté, c'est difficile à dire ... Peut être avec une crinière plus longue et des sabots brillants ? Elle a une passion en dehors de moi : les contes de fées, les histoires fantastiques et "World of Warcraft". C'est pour cela que nous nous comprenons : Elle se prend pour un elfe, et moi je vois des fantômes partout ! Au coucher du soleil, elle se connecte et devient "Skeggi" le druide elfe de la nuit . Elle a lu tout Tolkien et pas seulement le seigneur des anneaux ! Tanith Lee est son idole aussi . Elle vénère Lovecraft et Bram Stocker ...Elle trouve les vampires attachants...
Elle m'habille en vert mousse et en marron terre brûlée. Mes tapis de selle sont assortis à la couleur de sa tenue : Il faut nous voir dans les bois de Crêvecoeur en mode "furtif" derrière Orozco le magifique , tellement invisibles que les "galinettes dorées" s'envolent dans mes jambes et me font peur . Il n'y a pas que les fantômes qui me font faire des écarts. Je déteste les gallinacés .Elle aussi d'ailleurs. Elle prétend que les oiseaux sont les descendants des dinosaures et que les poules sont des vélociraptors qui ont mal tourné !

Pour ce qui est des fantômes, il faudra tout de même que j'explique ce qui m'effraye dans ce manège, mais c'est une très longue histoire, un peu dans le genre de celles qui tant fascinent ma Titania du 77.

Les dessins sont de Loodwyne

Au commencement était le soleil ...

Du début , je me souviens de peu de chose ... la pénombre fraiche du box et la douceur de ma mère ... la terre rouge, les oliviers gris verts et ces hommes qui parlent fort et qui rient plus fort encore ... Le soleil et le ciel bleu brûlant aussi . J'ai quitté l'Espagne à quatre ans avec ce petit bonhomme à la voix grave, aux gestes sûrs et à la casquette qui sentait bon .

Je suis arrivé dans un endroit vert !!! Il y avait des arbres partout, et le ciel qui pleure souvent, comme moi , au début, derrière mes long cils blancs . J'ai laissé mes amis, ma mère, le bleu , le rouge et le jaune de mon pays natal pour cette terre verte de brouillard et d'eau .

Je suis Domino. Je suis andalou de la province de Malaga . Ma terre est noire maintenant, et je ne l'ai pas choisie . Mais j'y ai trouvé l'amour : celui que je donne sans compter et qu'on me rend ... Celui qui fait mal aussi.

Ma fée, ma douce,celle qui m'a tout appris, ma première maîtresse m'a laissé . Sous sa main légère j'ai su les pas de coté, la cession à la jambe, l'épaule en dedans, le changement de pied au temps. Toutes ces choses qui font dire que les chevaux comme moi dansent sur la musique qu'ils ont dans l'âme.

Je danse pour une autre maintenant. Avec elle, ça n'a pas été facile. Tant de chose à lui apprendre, tant de pleurs au début : les siens ... Je me souviens de ses yeux la toute première fois que je l'ai vue. Ils étaient grands et sombres et ils disaient que j'étais le cheval de sa vie, mais moi je voulais rester avec ma fée. Je suis monté dans le camion pourtant. Je l'ai suivie dans son club, avec cet homme qui nous faisait travailler. Je me souviens de ces soirées , les sabots plantés dans le sable du manège , et elle qui ne sait pas , et lui qui dit qu'elle ne saura jamais. Je me souviens de ses bras autour de mon cou, de ses mains le long de mon corps et dans ma crinière qu'elle tresse, des histoires qu'elle me racontais à l'oreille et de ses lèvres sur le velour de mes naseaux. Il y avait les carottes, les pommes et les petits pains suédois et sa voix qui promettait qu'elle m'aimera toujours. Il y avait aussi tous ces bruits effrayants , et moi qui prennais le galop , et elle qui tombait... Elle m'a emmené ici, dans cette petite écurie dans la plaine, avec des paddocks verts et spacieux, avec un grand box et des amis . Tous les samedis, et parfois le dimanche, nous sortons en balade. Je vois toujours des fantômes dans le coin du manège, mais elle reste sur mon dos et je sens sa joie qui monte jusqu'à ce ciel gris blanc comme la fois où je l'ai emmenée au galop dans la plaine. Alors, de temps en temps, je danse pour elle, comme je dansais pour l'autre, et je crois que je l'aime bien.

Je suis Domino. Je suis le cheval de l'elfe maintenant . Pourquoi l'elfe ? c'est une autre histoire, que je conterai demain. Pour l'heure, j'ai quelque chose à faire ...