samedi 25 octobre 2008

Le premier cheval de l'elfe.

En Espagne ,il y a de drôles de poissons ...


Mon elfe me raconte souvent des histoires tout en passant l'étrille sur mes flancs . Les humains ne savent rien faire silencieusement. C'est une espèce bavarde qui bourdonne sans répits, un peu comme les abeilles, mais en moins piquant et en moins organisé.
La plus part du temps, je prend l'air intéressé et je la regarde de mon air le plus concerné, mais il faut bien l'avouer, cela me passe bien au dessus de la crinière ...
Le seul moment où j'écoute vraiment, c'est quand elle parle de nous bien sûr. Elle m'a parlé de son premier cheval , et même du second ! J'étais un peu contrarié d'apprendre que je ne suis que le numéro trois !
Il paraît que quand elle avait cinq ans, elle passait ses vacances en Espagne, à Alicante, chez sa grand-mère. Tous les jours, la famille allait à la plage. A l'époque, ce n'était pas ces pauvres langues de sable bétonnées et plantées de clapiers à touristes surpeuplés et bruyants. En ce temps là, c'était la plage immense, à perte de vue, et les dunes, et derrière les dunes, les forêts de pins ... C'était la mer immense et calme et le soleil. Sur la plage, il n'y avait personne, à part papa qui faisait la tortue et l'emmenait nager au large accrochée sur son dos, maman qui restait avec son frère Michel au bord de l'eau et surtout mamie et son sac en tapisserie avec dedans des sandwichs au chorizo !
Parfois, la famille partait pour la journée à San juan avec un picnic et tout le monde déjeunait sous les pins. Ces arbres ne poussaient pas tous très droit et là où ils avaient l'habitude de s'installer, il y en avait un en particulier, qui ressemblait à un cheval ( du moins pour une petite fille de cinq ans avec beaucoup d'imagination). Elle passait de long moment juchée sur le tronc d'arbre, à faire" comme si", avec tout le sérieux de cet âge. Elle lui faisait une selle avec une serviette de bain et elle l'avait appelé "Tornado", tout cela sous le regard envieux de son petit frère. Possessive déjà, elle ne laissait personne approcher de son cheval, au grand amusement de ses parents et au grand désespoir de Michel qui de rage décida un jour de pisser sur le pin pour que sa soeur ne puisse plus le monter !


Je préfère prévenir : si cet individu se présente aux écuries pour me pisser dessus, je botte !

dimanche 19 octobre 2008

Taïaut dans les bois !

Hier, nous sommes partis en ballade . Il y avait Orozco, Victor et Jacquou. Nous avons fait une longue promenade avec de la route, de la plaine et des bois . Et dans les bois , devinez quoi ? Nous avons galopé tous ensembles ... J'avais envie de faire la course, mais l'elfe n'était pas d'accord . Je pense que nous avions des chances de gagner pourtant ! Au moins Jacquou ... Elle n'a pas l'esprit de compétition, il va falloir que je me résigne . Peut être qu'on recommencera aujourd'hui ?
En tout cas, elle m'a acheté un beau tapis noir comme je les aime. Son goût s'améliore à défaut de son assiette. J'en ferai peut être quelque chose un jour ... Il faut que je me trouve un coach. Je vais demander à Orozco, car son humain à l'air bien dressé !

vendredi 17 octobre 2008

Travail d'elfe




Nous le savons tous, rien n'est gratuit en ce bas monde et moi comme les autres, je suis tenu d'effectuer ma part de travail pour gagner ma ration quotidienne. Tous les jours que Dieu fait ( le Dieu des chevaux est-il celui des hommes ? vaste débat , et sûrement autre passage de mon journal !) je me rend à la carrière avec Corentin, Simon, Alexandre ou l'elfe.


Pour les néophytes, une carrière est un grand espace plein de sable, de bobines, de barres et de seaux , bordé de végétations qui s'agitent par grand vent, de chiens qui vous regardent vous évertuer d'un air dubitatif et traversés par d'ignobles volatiles au plus fort de vos évolutions.
En quoi consiste donc ce travail en carrière ? je vais vous parler de ce que je fais avec l'elfe car c'est de loin le plus étrange... Elle est accompagnée la plus part du temps de Simon qui semble être celui qui propose les activités. Elle commence par me promener en main autour de la carrière , sans doute afin de me faire constater qu'il n'y a pas de vélociraptors dans ce temple de la grâce équine. Las, la pauvre ne voit pas les gnomes, les fantômes et les lutins , mais à ce stade, je fais comme si de rien n'était, malgré les ricanements sournois du petit peuple : à peine si je pointe mes oreilles vers le bruit, pour ne pas inquiéter l'elfe !
Après un tour ou 2, elle "sangle". Toujours pour les néophytes, les humains mettent sur nos dos un petit siège en cuir afin de s'y asseoir ( je vous demande un peu !) et c'est la courroie qui maintient ce dispositif qu'elle resserre ...Il faut dire que j'ai la taille fine, contrairement à mon cousin Orozco qui est plus ...charpenté ! Une fois juchée sur mon dos, nous voilà repartis au pas . Et c'est là que les ennuis commencent : Simon se met à parler.
D'abord il lui demande de commencer à "m'orienter" en me faisant faire des assouplissements. Je ne comprend pas toujours la finalité de la manoeuvre. Pour commencer je trouve que je suis parfaitement orienté par rapport à la direction que l'on me fait prendre : j'ai la tête dans l'alignement de mon postérieur et l'ensemble va en direction de l'avant ! mais la voilà qui commence à pousser mes hanches d'un coté et de l'autre, puis qui essaie d'amener mon nez sur sa botte ... Pour ce qui est du nez sur sa botte, amateurs de sensations fortes , il y a de quoi épanouir vos naseaux ! Au bout d'un moment, bien que peu convaincu du bien fondé de l'affaire, je m'exécute car l'elfe s'agace et je n'aime pas la contrarier à ce point, ce n'est pas professionnel . Le même genre d'exercice se poursuit au trot, avec plus ou moins de bonheur : comme je ne rentre jamais mon ventre en début de séance, mon trot est un peu inconfortable et elle a du mal à être claire dans ses demandes. Enfin, nous galopons et nous faisons ce que Simon appelle des transition et qui consiste à passer du galop au trot, puis à nouveau au galop. Nous faisons aussi des "allongements" , mais à ce stade, j'avoue ne pas trop faire d'effort car je sais que c'est loin d'être fini ! Ils appellent cela une détente. Moi, la détente, je la conçois plutôt au fond d'un paddock, ou bien en ballade avec Orozco et Victor. Enfin, Simon prononce le signal du retour au calme : " Est-ce que ton cheval est bien disponible ? est-ce qu'il répond à tes demandes ?". Ceci dit, je suis toujours disponible pour les choses intéressantes comme les ballades, les pommes, les carottes, les crêpes ...il n'y a pas besoin de me "détendre" pour ça !
Nous attaquons maintenant la seconde partie de la séance, où nous travaillons des exercices différents sur un même thème. La semaine dernière , c'était travail "longitudinal"... D'abord Simon installe un couloir de barres sur la carrière. Une fois le dispositif en place, il explique à mon elfe : "voilà, ceci est un pont, et de chaque coté du pont, il y a un précipice . Tu dois faire l'exercice sans que Domino ne pose un pied à l'extérieur, sinon c'est la chute ! Tu dois passer sur le pont , sinon ...c'est le drame ! " Cette histoire de précipice, doit être semblable à mes fantômes : c'est quelque chose que l'elfe voit, mais que je suis incapable de percevoir. Dans le doute, je fais comme Simon a dit car mon elfe a l'air d'y croire, et je ne souhaite pas me retrouver au fond d'un précipice par manque de foi.
Les exercices se succèdent sur le pont bordé d'un précipice ...De temps en temps, j'essaie de suggérer qu'il est l'heure de manger et que je retournerai bien dans mon box voir si mon bon Alexandre a déposé quelque chose de comestible dans ma mangeoire . Pour cela, je me campe devant la sortie de la carrière avec détermination. Mais ça ne fonctionne pas pour le moment ... Moi aussi j'aurais besoin d'un Simon pour réussir le dressage de mon elfe . Enfin arrive le moment où elle abandonne les rênes . Je sais que je ne vais pas tarder à avoir des baisers sur les naseaux, des gratouilles à la base de l'encolure et des pommes ... Le meilleur du travail, c'est quand c'est fini.

samedi 11 octobre 2008

Promenade en forêt

Je ne vous ai pas raconté ma promenade en forêt de la semaine dernière avec mon ami Victor . Il ne faisait pas beau ( pluie et vent) et je n'étais pas vraiment en forme ( un petit chatouillis dans la gorge quand je prend le trot). L'elfe a voulu faire une petite détente avant de partir : Victor n'était pas encore prêt ...

J'ai vu arriver ce tout petit cheval , Pistache, un petit coquin tout rond que j'aime bien aussi, malgré le fait qu'il m'a fait faire quelques bêtises qui ont fait tomber mon humain. Je l'ai quand même bien surveillé du coin de l'oeil pendant la détente , car prudence est mère de sûreté, et moi, j'aime bien prudence...

On est enfin parti, le grand Victor devant, moi en deuxième position et Pistache bon dernier. L'elfe avait oublié de me mettre un couvre rein et il commençait à pleuvoir ! Heureusement, l' humain d'Orozco s'en est aperçu ! Comme je l'ai déjà dit, mon elfe est gentille, mais un peu "distraite". Heureusement que nous sommes entourés d'humains expérimentés car dans le cas contraire, j'aurais beaucoup trop de travail pour combler ses lacunes !

Nous avons commencé par marcher un long moment le long de la route . Nous avons croisé des voitures mais personne n'a eu peur. Enfin, nous sommes arrivé sur le chemin où j'ai galopé avec Orozco, et là nous avons pris le trot. J'adore trotter en extérieur, même quand il bruine un peu, même quand il y a du vent. Je me suis "mis en place" comme dit mon elfe, et j'ai pris mon trot de gala, mon trot d'espagnol, celui qui a fait battre son coeur très fort quand elle m'a vu à Montigny sur loing ...Je l'ai senti à l'aise sur mon dos. Elle suivait bien mes mouvements et surtout , elle était heureuse., confiante . Une bulle de bonheur que j'emportais dans la pluie et le vent...Plus tard, on a recommencé dans la forêt . Dans ces petits moments là, j'oublie les jours où nous ne réussissons pas à être ensemble, où je ne comprend pas ce qu'elle veut que je fasse et où elle est mécontente.

J'aime les promenades dans la tempête avec Victor, Pistache et mon elfe des bois ...

samedi 4 octobre 2008

Absence suite ...

Mon ami Orozco m'a dit que quand mon elfe part, c'est parce qu'elle m'aime. Alors, si c'est par amour, je veux bien ...Mais pas trop longtemps : je peux faire sans carottes, sans joli tapis vert, mais je ne peux pas vivre sans bisous sur le nez quand on met mon filet ! Mon ami Orozco est plus jeune que moi, mais il sait beaucoup de choses : Il dit que les pigeons ne sont que des rats volants et qu'il est stupide d'en avoir peur ... Je ne sais trop qu'en penser. Je croyais que c'était les chauves souris qui étaient des rats volants.
D'un autre coté, c'est mon humain qui soutient la thèse du vélociraptor, et chacun sait que les humains, mêmes les plus brillants, sont un peu limités, contrairement à nous ...
Aujourd'hui , elle était là , et les grattouilles aussi. Je n'avais pas très envie de travailler . C'était plutôt un temps à promenade ou à rêverie dans le paddock. J'ai quand même fait un effort pour lui faire plaisir, et pour faire plaisir à Simon, mais je crois qu'ils se sont aperçu que je manquais un peu d'entrain .
D'ailleurs, je crois que je vais aller dormir de bonne heure : demain, il faut que je l'emmène promener, et avec l'ouverture de la chasse, elle va encore avoir peur de tout !

Absence ...

Aujourd'hui, l'elfe n'est pas venu ... Pourtant, c'est vendredi, jour où elle revient à la maison après une semaine d'absence . Elle part je ne sais où, faire je ne sais quoi ! Que peut-il bien y avoir de plus important que de venir voir son cheval pour un être humain ?
Moi, je l'ai attendu tout le temps et je me suis préparé pour l'accueillir dignement . Comme il se doit, je me suis consciencieusement roulé dans les paddock boueux, pour qu'elle ait le plaisir de passer une heure à m'étriller, me brosser, me gratouiller. J'ai pris soin d'insister sur la crinière, jusqu'à avoir des tresses de boue, juste pour le plaisir d'entendre sa voix surprise . Quand elle me voit comme cela, transformé en statut de terre, elle a l'air tellement contente : Elle dit que je me suis bien amusé en son absence ! Comme ça à l'air important pour elle que je m'amuse, je fais en sorte qu'elle n'ai aucun doute à ce sujet.
Donc, j'avais fait mon travail de cheval attentionné . Encore une fois , j'avais veillé à son bien être moral, et elle n'est pas venu ...D'autres me caressent et s'occupent de moi quand elle n'est pas là, mais ce n'est pas tout à fait pareil. Quand je met mes naseaux dans le creux de son cou, il y a une odeur sucrée, un mélange de miel, d'orange et de fleur. Elle me gratte longuement sur l'épaule, et aussi à la base de la crinière. Et il n'y a qu'elle qui m'embrasse sur le nez en me mettant mon filet ... Elle dit qu'elle part gagner sa vie . Qu'est ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il faut qu'elle fasse de l'épaule en dedans pour qu'on lui donne à manger ? S'il n'y a que ça, je veux bien partager ma ration et mon box avec elle.
Peut être qu'elle sera là demain ?