vendredi 18 décembre 2009

Dans la forêt

Ils sont partis au lever du jour et Barbara les a suivi du regard jusqu'au bout du chemin à l'entrée du bois . Il faut que quelqu'un reste à la maison, la garde accueillante pour leur retour ...C'est une femme maintenant, qui aura bientôt un mari et si Dieu veut des enfants : C'est ce qu'à dit Remedios en écrasant une larme sur la joue de sa soeur, petite vestale éplorée gardienne du foyer.
Elle est partie sans se retourner, assise à coté de Manuel et souriante , les yeux comme un velours noir posés sur son profil aquilin. Ils vont à Vérin pour le marché .
Ils se sont arrêtés pour manger dans la forêt , belle comme un cathédrale rouge et or sous le soleil, bruissant de toute une vie furtive, que d'un geste de la main, Manuel lui indique : ici un hérisson, là les traces d'un chevreuil .
Le bonnet de Remedios pends dans son dos, son châle a glissé et elle est adossée à ce grand arbre, les mains abandonnées sur les cuisses, le regard perdu vers la trouée de ciel bleu entre les branches . Doucement, Manuel s'est approché ...
Il est temps de réveiller la fée qui dors entre ses bras, des feuilles dans ses cheveux noirs , le corsage ouvert , impudique : il faut reprendre la route, avancer encore jusqu'à l'étang , où ils feront étape pour la nuit.
Les ombres s'allongent, la forêt se fait inquiétante.

samedi 12 décembre 2009

Croissant de lune

Manuel a de nouveau besoin de repartir : il charge la roulotte . Dans les bois près d'Orense, on a retrouvé le corps d'un homme, la gorge ouverte, les yeux fous et la bouche figée sur un hurlement pour toujours. On ne sait ni qui il est, ni d'où il vient, et le cadavre commençait à pourrir sous les feuilles ... La place du village bruisse de murmures horrifiés quand on ramène le corps et les mères serrent leurs enfants contre leurs jupes. Il porte les traces de morsures d'un loup de belle taille, mais on a ôté la graisse de son cadavre ...
Cette nuit là, Remedios a dénoué ses cheveux noirs , et si elles avaient pu voir, les femmes ne se demanderaient pas pourquoi Manuel revient saisons après saisons . Les yeux brûlants, les mains savantes, les hanches délicates de Remedios ... Sa peau blanche , ses baisers fous , tout lui crie "reste ! " et il se perds en elle comme on se noie dans une eau profonde ...
Barbara est retournée à la lisière de la forêt, malgré les rumeurs de danger. Elle a attendu longtemps, dans la nuit , allongée dans l'herbe odorante à contempler la lune accroché au ciel comme un quartier d'orange, en vain . Dans la maison silencieuse, Manuel dors entre les bras de Remedios , les doigts encore pris dans la soie de ses mèches noires : cette fois-ci, il l'emmènera .

mardi 22 septembre 2009

Nouvelle lune

La femme du colporteur s'appelle Remedios ... Elle est brune comme son époux , le regard grave et sévère, noir comme un puits sans fond, la coiffe brodée serrée autour de son visage ordinaire, digne et empesée comme ses jupons blancs sous sa large jupe noire. Ils n'ont pas eu d'enfant . A Orense, les femmes se demandent ce qui attache Manuel à cette épouse austère et sans grâce.
Les mauvaises langues disent que c'est Barbara , la soeur de Remedios qui à la fin de chaque tournée ramène le vagabond vers la petite maison en bordure de forêt. Elle a dix huit ans et la beauté du diable . Il a toujours un cadeau pour elle : une robe en soie, un châle , une bague ... Remedios ne dit jamais rien, mais l'eau remonte à la surface du puits de ses yeux noirs quand elle surprend le regard de Manuel sur Barbara, plus doux qu'une caresse.
La petite a un ami. Certaines nuits, elle le rejoint à la lisère du bois. Il l'attend assis sur son arrière train . C'est un drôle de chien aux yeux jaunes, à la fourrure épaisse et noire, qui sent la terre et les feuilles mortes , et bizarrement la fleur d'oranger, comme Remedios ! elle se laisse tomber près de lui dans l'herbe haute et il pose sa tête sur ses genoux. Elle joue avec ses oreilles pointues, caresse le long museau et le front de l'animal jusqu'à ce qu'il se lasse et reparte chasser dans la forêt.
Remedios ne veut pas de chien à la maison.

mercredi 16 septembre 2009

Et vengeance .

Une fois de plus, Manuel est parti ... Une fois de trop, elle a rejoint José à la lisière du bois. Une fois encore ils ont roulé dans l'herbe sous le regard d'ambre du loup caché dans la broussaille. Puis elle est rentrée , le coeur plein de lui : demain ils partirons et au diable Manuel et les gens du village !
Au diable aussi, le loup qui suit José sous la lune. Allariz s'éveille sur un cri de bête blessée à mort . Près de la fontaine, José est étendu la gorge déchiquetée. Près de lui Anna ne respire plus déjà et Manuel hurle couvert de sang . On est venu le chercher pour l'enfermer, mais la nuit venue, dans la cellule, c'est un loup qui bouscule le geôlier venu porter son repas au prisonnier et s'échappe ...

Le temps a passé et un colporteur sillonne la région . Il vend des tissus et du savon. Il écrit les lettres pour ceux qui ne savent pas et apporte les nouvelles d'ailleurs. Il vit dans une petite maison à l'écart près d'Orense avec sa femme et la soeur de celle-ci . Il est beau et sombre, et toutes veulent savoir si elles peuvent le faire sourire ...il a des yeux d'or et d'épais sourcils noirs.

mardi 15 septembre 2009

Jalousie ...

Le soleil s'est levé sur la lisère du bois. Dans un fourré repose Manuel, nu sur l'herbe, des feuilles rousses collées à sa peau blanche.... de la terre aussi, et du sang. Il dort, les ongles cassés, la bouche écarlate . La poitrine doucement se soulève ... Les longs cils noirs frémissent sur la joue pâle et découvrent l'or des prunelles . Avec l'éveil vient la douleur, la rage aussi, dévorante, insatiable comme la faim du loup . Toute la nuit il a couru et tué sans relâche, mais la colère ne le quitte pas . Toujours il les voit ... Lui en elle, et elle ...qui le fuit , et se donne ailleurs ! Il ne savait pas qu'il l'aimait jusqu'à la voir sous l'autre .
Il faut rentrer, faire bonne figure , maîtriser la bête qui s'agite en lui et qui veut leur mort , pour que cesse la peine.
Toutes les nuits, c'est un carnage : Un loup égorge les brebis, et même les chiens, laissant derrière lui des cadavres éventrés. Ce n'est pas la faim qui le tenaille, c'est la folie. Toutes les nuits Manuel disparaît . Toutes les nuits, Anna a peur. Le jour il la suit du regard sans relâche, semble sur le point de parler . Ses caresses sont comme des coups . Puis le temps passe , et à nouveau il dort avec elle. Le calme revient à Allariz, mais entre eux il y a le silence, et sa tristesse à lui, et sa honte à elle. Mais elle continue à voir José partout, à se souvenir de l'odeur de la menthe écrasée, de ses mains câlines, de sa voix basse. Avec le remord qui la fuit croît le désir , comme s'arrondit la lune ...

lundi 14 septembre 2009

Sous la lune ...

Peu à peu, la douceur de son regard s'en va autre part se noyer dans les eaux calmes des yeux de José. C'est l'ami du frère d'Anna, et il est garde civile à Allariz.
Elle l'a croisé à la fontaine, et chez sa mère aussi, quand il vient chercher son frère. Les soirs où la lune est ronde, elle pense à lui blottie sous les draps de lin. Il est aussi blond que Manuel est brun..., aussi doré qu'il est pâle ... C'est un soleil d'homme, toujours à rire et à plaisanter, la voix comme le ronronnement d'un chat quand il s'adresse à elle , et l'oeil caressant et tendre.
Et plus le temps passe, moins il quitte son coeur et plus elle redoute les nuits avec Manuel ...
Cette nuit, l'époux a déserté le lit et Anna , pieds nus à la porte du jardin a rejoint José. Vole la chemise de lin, l'amant se noie dans les boucles rousses et parfumées de la belle, comme un tapis écarlate répandu sur le sol. Et pour une fois, elle aime l'odeur de la terre et de l'herbe , elle crie son bonheur à la lune pleine !
C'est un hurlement déchirant qui lui répond à la lisière de la forêt. D'un seul coup, la nuit est froide . Elle a honte, nue dans l'air du soir . Deux lueurs d'un jaune brûlant dansent dans les fourrés. Ils ont ramassé leurs affaires et elle est vite rentrée se coucher . Manuel n'est pas rentré...

dimanche 13 septembre 2009

Pleine lune ...

C'est un conte d'amour et de mort comme il y en a dans mon pays que je vais raconter à ma façon pour Odyle qui aime les histoires. Comme elle est longue, j'en raconterai un petit bout tous les jours.
L'automne revient, avec ses galopades dans les feuilles rousses . La forêt est belle sous le soleil , aveuglante d'or et de rouge mais la nuit ...Les créatures qui la hantent sont dangereuses et magnifiques aussi !
Il y a longtemps, en Galice, dans le village de Regueiro naquit un petit garçon. Mais le jour de sa naissance, pas de fête au village. C'était le 9ème fils d'un homme pieux , mais dans sa mignonne paume de bébé on pouvait voir un duvet noir comme un velours de sinistre augure.
Le garçon grandit pourtant en force et en beauté, élevé par le curé pour conjurer le sort. Il apprit à lire et à écrire et à tailler le tissu pour faire de beaux vêtements. C'était un superbe garçon, aux boucles noires et épaisses, avec d'étranges yeux d'or sous d'épais sourcils noirs qui se rejoignaient au-dessus de son nez aquilin, lui donnant un air inquiétant et sauvage, malgré le sourire de sa bouche charnue, ou bien peut être à cause d'elle ?
Toutes les filles du village en avaient le coeur à l'envers...Et pas seulement les filles , les femmes mariées aussi qui rêvaient d'apprivoiser la bête en Manuel.
Certaines firent plus qu'en rêver ... Et il faut que les garçons apprennent ! Mais il restait seul et secret. Il les aimait toutes et aucune à la fois . Et les nuits de pleine lune ...la course dans les feuilles mortes, la chasse sous les arbres et le sang, et les yeux d'or qui brillent comme des escarboucles dans les taillis.
A Allariz, dans le bourg voisin, la belle Anna n'est pas rentrée , et sa mère a pleuré, et son frère a serré les poings. Manuel s'est marié. On ne plaisante pas avec l'honneur des filles de Galice, leurs frères y ont veillé.
Mais la nuit, ces hurlements dans le bois quand la lune est pleine ... Et le lit froid et vide... Et ce sourire étrange qui découvre les dents si blanches de l'époux.Certains soirs, il sent la terre et le chien mouillé, et ses étreintes sont trop rudes, il a d'étranges façons qui la font rougir. La belle Anna n'est pas heureuse, mais n'ose en parler à sa mère .

vendredi 11 septembre 2009

C'est la rentrée littéraire !




Voilà longtemps que je n'étais passé sur mon blog raconter ma vie à Crêvecoeur . Mon cousin Orozco me regarde de travers en me traitant de paresseux et Odyle ricane du fond de son paddock. Je l'avoue, je n'ai pas été très courageux ... Mais il a fait si chaud que j'ai préféré faire la sieste, ce qui , n'en déplaise à Orozco, est une occupation traditionnelle pour un andalou qui se respecte. Et moi, j'ai beaucoup de respect pour les traditions !
Avec la fraîcheur qui revient, je retrouve l'inspiration, mon neurone étant à nouveau correctement ventilé .
J'ai recommencé à danser dans la carrière . Je sens qu'un beau matin, on va m'embarquer dans le van pour une promenade et il faudra encore que je fasse l'artiste avec mon elfe en tenue de cérémonie sur le dos ! Inutile de préciser que je préfèrerai largement une grande ballade dans les bois avant que les chasseurs ne reviennent nous ennuyer avec leur fusils, leurs drôles de boites au milieu des chemins et leurs mines patibulaires et rougeaudes ( trop de vin avec le paté de sanglier sans doute ...)
Mais je me console, l'automne , c'est la saison où la Samca revient dans la carrière, le troll dans le fossé et les pixies dans les pommiers. Tout ce petit monde était parti en vacances en bretagne : les elfes et les fées, ça n'aime pas la chaleur ! Aujourd'hui, je ne verrai pas mon humaine et demain non plus ...Elle part vers quelque obscure occupation et je ne peux pas l'accompagner. Ses allées et venues restent pour moi un mystère . Je me demande bien où est son box . Il faudra que j'en parle à Orozco : il sait beaucoup de choses. Hier soir elle m'a longuement gratté l'encolure, sous la crinière, vers le garrot et je dois dire que pour ce qui est des grattouilles, elle s'y connait bien mieux qu'en cession à la jambe ! Ce serait pratique si elle habitait dans mon box. J'aurai des grattouilles à volonté, et je ne me demanderai plus où elle s'en va. J'irais avec elle au paddock et elle pourrait chasser les mouches et les bestioles qui piquent pendant que je somnole ... bref, la vie idéale . Je crois qu'il est temps que je me déclare, et que je lui propose de s'installer chez moi.

mardi 26 mai 2009

Et les ragondins alors ?

Je suis le rêveur de la famille : là où je vois des vouivres, des gnomes et des fées, mon cousin Orozco qui est pragmatique voit ... des ragondins ! Ceci dit, des chevaux avec la tête sur les épaules, il en faut . Et Orozco, il est comme ça, solide, raisonnable , les sabots bien plantés dans le sable de la carrière, alors que moi, bien que plus vieux, j'ai toujours été un peu fantasque ...Il a le fond solide et travailleur des ibériques, moi ...le coté artiste !
C'est un cheval du soleil et de la terre rouge comme sa robe , puissante comme son encolure. Je suis de la lune et du vent dans les herbes, léger comme le coeur de ma cavalière sur mon dos ...
Nous sommes espagnols, ombre et lumière, flamenco et sévillane, semblables et différents . Orozco, têtu et courageux , Domino , obstiné et joyeux dansent ensembles dans la carrière de Crêvecoeur .

vendredi 15 mai 2009

Petit conte pour les jours de pluie


Aujourd'hui, il ne fait toujours pas beau et mon elfe m'a dit qu'elle ne m'emmènerai pas en forêt ( Maudite main, maudite branche ! ). C'est une journée à raconter des histoires dans la pénombre des box, en écoutant ruisseler la pluie sur le toit, et des choses à dire, en ce moment, il y en a : Il y a une vouivre dans le trou d'eau le long du champ quand on part en promenade dans la plaine . Nos cavalières ont remarqué que nous n'aimons pas cet endroit, quand les feuilles sont revenues . Avec les feuilles, revient la vouivre : la nuit, jolie demoiselle au visage triangulaire, aux grands yeux d'or liquide, un diamant au front qui sépare ses longues mèches rousses, toute nacre et perles, le jour terne couleuvre ...

Si la nuit, vous voyez luire à cet endroit comme en plein jour, n'approchez pas ! c'est qu'elle aura posé son diadème pour peigner ses cheveux. La voir à sa toilette, c'est l'aimer pour toujours et c'est souffrir pour toujours car elle n'aime personne, hormis le vent dans les arbres et l'herbe qui bruisse et l'eau qui clapote.

Il y a longtemps vivait dans ce pays un garçon rêveur et brun comme un bohémien ( peut être l'était-il un peu ...) , les yeux verts et longs, les mains fines . Il avait une belle jument grise, une de ses splendides cavales aux naseaux de velours, à la crinière folle et brillante, à la croupe ronde et ferme ! Il parcourait la plaine sans se soucier de rien, moissonnant au passage le coeur des demoiselles . L'une d'entre elle surtout , brune et légère comme un farfadet, qui le guettait au bord des chemins dans l'espoir qu'il s'arrête ... Mais que peut une fillette contre le vent dans les branches et le parfum de l'air du soir ? La voilà qui se plante au beau milieu du chemin ce funeste jour de printemps où elle a décidé qu'il l'a verra enfin ! Le garçon s'arrête, amusé : elle a gagné. Mais que lui dire, que faire pour retenir son attention ? Hélas, elle lui parle du trou d'eau, et du diamant au front de la belle serpente et brillent les yeux verts comme des escarboucles ! Ils se donnent rendez vous à minuit près du trou d'eau. Mais à l'heure dite, seul le garçon est au rendez-vous car le père de la petite surveillait sa fille depuis qu'il entendait parler les voisins de ses promenades au bord des chemins...

Une caresse douce sur l'encolure de la jument, et le voilà pied à terre, écartant les branches et contemplant sous le ciel d'encre le poignant spectacle : la vouivre aux yeux d'or, nue sous les étoiles et parfaite ! Et son coeur éclate dans sa poitrine quand langoureusement elle lève ses paupières sur lui.
On l'a retrouvé dormant au bord de l'eau . Il ne parle plus. Il ne chevauche plus et la belle jument dépérit. Son âme est morte dans les yeux de la vouivre et pleurent les demoiselles du pays.

Pour Odyle ...

La petite Odyle n'est pas aux écuries avec les copains et je n'aime pas ça. Elle a mal au ventre et on l'a emmenée loin de nous pour qu'elle aille mieux. Elle ne doit pas voir son humain aussi souvent qu'elle le voudrait, et quand le ventre fait mal, la voix gentille, les mains douces, les encouragements, c'est le meilleur remède pour un cheval qui souffre. Alors je suis un peu triste pour elle. Mais je ne suis pas inquiet , je sais qu'elle va revenir jouer dans les paddocks et se moquer de moi et de mes gnomes du tuyau d'arrosage. On fera une grande balade dans la plaine, et pour changer, je n'aurai peur de rien : je serai son fier hidalgo, son Zorro de la Brie ! Enfin ... je la laisserai passer devant moi et je protègerai ses arrières, comme avec Orozco.
Reviens nous vite mon Odyle gentille : On regardera danser la poussière de la carrière , on écoutera pousser l'herbe et mon elfe te donnera des petits pains suédois, rien que pour toi ( et pour moi ! )

mercredi 13 mai 2009

C'est les vacances ... Pour mon humain !

En ce moment, je vois mon elfe souvent, et je dois dire que j'aime bien ça, même si ça veut dire qu'il y a toujours un moment où il faut aller travailler dans cette maudite carrière ...
C'est qu'elle est "en vacances". Orozco m'a expliqué que cela revient de temps en temps, et qu'alors, on peut voir arriver son humain à des heures inhabituelles dans la journée : cela met un peu de surprise dans notre vie bien routinée. La raison des vacances est mystérieuse, mais les effets nous plaisent bien : plus de pommes, plus de câlins, et puis les voir évoluer devant nos box, entendre leurs voix, se faire longuement gratouiller, panser, masser ... J'adore !
Seule ombre au tableau : pas de promenade. Elle est restée blessée de notre escape de la dernière fois. J'espère que tout ça va se remettre. En attendant, je contrôle mes sursauts et je monte mon dos pour ne pas la secouer, comme l'a conseillé Orozco qui est expert en confort humain.

samedi 2 mai 2009

La saison des feuilles bien vertes est de retour !


Me voilà de retour, après un long silence ... Peuplé de concours un peu ratés et de douleurs au dos. Mais je vais mieux , et avec ce soulagement, m'ai revenue l'envie de vous raconter un peu mes aventures avec mon elfe ! Comme vous pouvez le constater ci-contre, elle est toujours d'humeur joviale , mais son attitude est plus "ferme" voir coercitive à mon endroit .
C'est que nous avons changé de "coach". Le nouveau s'appelle Yannick. Mon humain a l'air de bien s'entendre avec lui . En ce qui me concerne, c'est une autre histoire ... Il a décidé de muscler ma ligne de dos : je vous demande un peu ! Elle est très bien ma ligne de dos ! Elle me va très bien pour brouter au paddock ! Il parait qu'il faut que je ressemble à un ibérique ... Moi je pensais qu'il suffisait de me laisser pousser la crinière, mais il n'est pas d'accord. Le point positif, c'est que le travail dans la carrière est moins long. Par contre c'est fatigant ... Heureusement, il me reste les balades dans les bois avec Orozco , Victor et JB. Et en ce moment , c'est génial ! On a recommencé à trotter et à galoper, il y a des petites feuilles tendres partout et plein de surprises qui nous donnent un prétexte pour faire un peu la foire : voiture dans le champ de colza, gnomes ramasseurs de muguets, copains qui surgissent sans prévenir ! J'ai même sauté un fossé ... bon , j'ai un peu abîmé mon elfe au passage dans les branches, la prochaine fois, je choisirai un endroit plus dégagé : la pauvre a une énorme balafre sur le bras gauche. Pour la consoler, je l'ai laissée me mettre cette affreux onguent qui pue le diable sur ma crinière et ma queue sans broncher, et je n'ai pas tenté de lui reprendre la carotte qu'elle a pris dans ma mangeoire... Il faut savoir faire preuve d'indulgence de temps en temps.

samedi 21 février 2009

Les cavaliers se ramassent à la pelle ...


Je n'ai plus de boutons, mais je n'arrête pas de faire tomber mes passagères : Jeudi , Eléonore, vendredi, mon elfe, samedi, personne ! Simon y a veillé ...En ce moment, c'est plus fort que moi, tout me fait sursauter et partir au galop ... Il y a quelque chose dans l'air ! Le dernier Sabbat est passé et a emporté son lot de petites monstres grouillants sous le manège, mais c'est comme s'ils étaient toujours là . Je vais essayer d'être plus sage , sinon mon elfe des bois pourrait se transformer en elfe de la nuit, et j'ai ouï dire qu'ils sont nettement moins aimables, si j'en crois le portrait ci-contre ...

samedi 14 février 2009

La saison de la chute des elfes

En automne, les feuilles tombent des arbres .... A la fin de l'hiver, les elfes tombent de leur cheval . Un phénomène saisonnier qui doit tout à la nature primesautière de ce noble compagnon de l'être humain . Je plaisante, mais je ne suis pas très fier de moi : hier j'ai fait un écart à l'échauffement, pour mettre un peu d'animation comme d'habitude , mais cette fois ci, elle n'a pas suivi et s'est retrouvée par terre. C'est plus fort que moi, ce gros pigeon blanc au milieu du manège me fait toujours cet effet là. J'ai beau le connaître et le voir tous les jours, lui et ses copains, rien n'y fait ! C'est d'autant plus regrettable que nous étions "rênes longues" . En langage humain, ça veut dire qu'elle me fait confiance pour avoir la bonne réaction devant un danger. J'ai peur d'avoir ruiné tout son dressage ! Tant de travail pour lui expliquer qu'il ne faut pas avoir peur de moi ... Elle n'est pas rancunière alors nous avons continué notre séance avec Simon et à la fin j'ai eu mes caresses et mes friandises. J'espère qu'aujourd'hui, elle viendra quand même ... Et que tout ne sera pas à refaire à cause de ce regrettable incident "pigeonesque".

dimanche 8 février 2009

Vive la danse !



Hier était une journée très particulière. C'était d'ailleurs une semaine étrange : je n'ai pas vu l'elfe ... J'ai d'abord pensé qu'elle m'en voulait un peu pour la fois dernière, mais samedi elle est revenue avec des carottes plein son sac et des caresses plein les mains. Elle était anxieuse, malgré le sourire et les câlins, et rien de ce que je pouvais faire ne semblait la dérider. A la fin, j'étais inquiet aussi...Alors j'ai fait des écarts, pour lui faire comprendre ...Le lendemain, elle est arrivé à midi, ce qui est très inhabituel. Normalement, le dimanche, elle arrive après ma sieste, on s'échauffe un peu dans la carrière, puis on sort avec les copains ...Là, elle m'a longuement gratouillé le garrot, exactement où ça fait des sensations ! Elle a pris ma tête contre sa poitrine et elle m'a parlé à l'oreille. Je n'ai rien compris , mais c'était tendre, alors j'ai mis mon nez dans son cou. Un long moment plus tard,elle est revenue me préparer et me seller et nous avons fait une détente sur la carrière. Quand ses amies sont arrivées, j'ai pensé qu'on partait un promenade, mais elle m'a rentré dans mon box et m'a mis des protections bizarres : je n'arrivais plus à marcher ! Elle m'a fait monter dans le van et on est parti. Je n'avais pas peur : Il y avait du foin, et puis j'ai l'habitude de ces drôles de boites . Tu entres , et quand tu ressors, tu es ailleurs, mais sans te fatiguer ! Enfin, parfois tu entres aux écuries, et tu ressors aux écuries, mais ça, c'est avec Alexandre ... Il est gentil, mais comme tous les humains, ces motivations sont obscures .
Là, quand je suis ressorti , j'ai compris que c'était jour de "toisage" , exactement comme l'avait dit mon cousin Orozco ... Je ne connaissais personne, et Simon s'est occupé de moi, avec Alexandre, pendant que ma cavalière a changé de peau dans la voiture. Il faudra que je vous parle un jour des changements de peau de l'être humain ! Quand elle a réapparu, elle était comme tous les autres alentours ( une stratégie de camouflage sans doute !) . Il y avait du monde sur la carrière, et elle n'était pas rassurée. Alors je me suis mis au travail pour la calmer . Pour l'occuper, j'ai trotté, et galopé, et fais des pas de coté, des cercles et tout ce qu'elle était capable de me demander qui soit compréhensible ! Nous sommes entré dans le manège, et nous avons attendu pendant qu'un cheval faisait une danse avec son cavalier. Ensuite, nous sommes entrés à notre tour...Et j'ai fais de mon mieux. Bon, je l'avoue, je n'ai pas pu m'empêcher de sursauter devant l'espèce d'ouverture sur le coté du manège : cela ressemblait trop à un nid de vélociraptors géants, mais pour le reste, j'ai fais ce qu'elle a voulu ! Et je crois qu'elle était contente...
Finalement, les concours, c'est très supportable !

samedi 24 janvier 2009

Confirmation !

Mon elfe dit que je suis un cheval de concours ! Ceci explique peut être les boutons ...J'ai fait de mon mieux pour lui expliquer qu'elle se trompe : Je fais le cheval "peureux" pendant toute la séance d'hier , de sorte que nous n'avons pas travaillé la danse. Je crains qu'elle n'ai pas compris car elle a dit que demain, on travaillerai à nouveau . Pourtant, cette fois-ci, j'ai bien senti que je lui avais fait peur ( et cela m'a fait de la peine ... ) mais comme pour la question du frontal espagnol, il faudra que je cède car elle est obstinée la bougresse ! Ceci dit, Simon a ruiné quelque peu mes efforts en me faisant exécuter des figures plus compliquées que celles qu'elle demande. J'étais tellement concentré que j'ai fini par oublier que j'étais sensé avoir peur ! Et puis, il faut bien le dire, ce genre d'exercice m'amuse bien plus que les cercles de 20 mètres au galop de ma cavalière ! Heureusement que Simon est là pour mettre un peu de "fun" dans mon travail ... J'ai quand même fait la faveur d'un câlin très tendre à mon elfe malmenée, pour la consoler un peu et lui montrer que le fait que je ne sois pas d'accord avec ces ambitions ne nuit pas à l'affection que je lui porte . Les humains ont besoin de se sentir aimés pour rester en bonne santé ne l'oublions pas !

Baleineau sous gravillon ?

J'ai bien peur que mon cousin n'ai raison : quelque chose se prépare ! Chaque fois qu'elle vient, ma cavalière me fait faire une ou deux fois cette curieuse petite danse sans queue ni tête dans la carrière...Cela ne me dit rien qui vaille, surtout si on tiens compte de ce qu'Orozco m'en a dit. Ce n'est pas tant la partie "toilettage" qui m'inquiète , mais je déteste être toisé par plus grand que moi ( et hélas, à part les poneys ... il y a en peu à qui je peux rendre la pareille ! ) Je risque de me faire mortellement toiser !
Nous verrons bien . Une attaque de boutons soudaine et elle ne m'emmènera sûrement pas dans ce haut lieu du "toisage" organisé .

Mercredi soir, mon cousin était splendide : je suis particulièrement content d'avoir de la famille qui présente bien ... Peut être pourrais-je lui demander de m'accompagner ? A le voir près de moi tout en bordeaux et noir, on osera certainement pas me prendre de haut !

dimanche 18 janvier 2009

Des boutons, des boutons ... toujours des boutons !

Je n'étais pas revenu vous parler depuis le début de l'année : c'est que j'ai eu des soucis, et ma cavalière aussi ! Elle est encore tombée malade ... c'est une petite nature, comme moi. C'est pourquoi on dit "qui se ressemble s'assemble " !
Mes boutons n'arrêtent pas de revenir, et Alexandre de me faire des piqûres . J'ai déménagé sur le conseil du vétérinaire . Je suis maintenant tout au bout de la rangée de box et j'ai pour unique voisine une petite jument grise dont je ne sais encore trop que penser . J'espère qu'elle sera sensible à mon charme latin ...

En tout cas, les vacances sont terminées : la carrière et le manège sont à nouveau praticables. J'ai l'impression que quelque chose se prépare. Ma cavalière est venu mercredi, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps, et en fin de séance, nous avons fait comme une espèce de danse au pas dans le carré de dressage. Samedi, nous avons travaillé des passages de la danse . Il va falloir que je me renseigne ... ça ne me dit rien qui vaille ! Si aujourd'hui ça recommence, c'est sûr, ils manigancent quelque chose.

dimanche 4 janvier 2009

Hier ma cavalière a monté un autre cheval que moi ! L'inconstance de ces humains est consternante ... Ceci dit, je n'ai pas pu lui faire la tête, j'aime trop les grattouilles à l'intérieur de l'oreille pour bouder très longtemps. C'est bien connu, il faut faire travailler son humain si on veut qu'il reste un cavalier correct. Comme je ne peux pas m'en occuper personnellement cette semaine, je délègue ...
Aujourd'hui, elle va venir me faire marcher, puis on ira se mettre au chaud dans la paille et je la laisserai jouer avec mes crins . J'ai trouvé que son état ne s'était pas amélioré : Maintenant elle a le nez qui coule ! Sur le conseil d'Orozco, j'ai essayé de suggérer à Alexandre de lui faire une piqûre . Je ne suis pas sûr qu'il ait bien compris ce que je voulais ... Je lui donnerai une de mes carottes. Moi, quand je suis malade, ça me remonte le moral, une carotte ! J'essaierai de la faire rire en lui racontant mes problèmes de voisinage avec les moineaux de mon box : Ces sales bêtes n'arrêtent pas de crotter sur ma couverture !

samedi 3 janvier 2009

Une nouvelle année commence ... Comme il est d'usage, je vous la souhaite pleine de foin odorant, de paddocks verdoyants ,de pommes juteuses et sucrées et de promenades !
Pour le moment, pour ce qui est des paddocks verdoyants, c'est un peu compromis : Il fait en ce moment un froid à ne pas mettre un chasseur dehors ... Là, je suis au box : après une nouvelle attaque de boutons, j'ai le garrot coincé. La bonne nouvelle, c'est que je ne vais pas travailler . La mauvaise, c'est que je n'irais pas promener avec mon elfe et mes amis. Je sais qu'Orozco me racontera toutes les flaques d'eau gelées, toutes les biches et tous les panneaux, mais ce n'est pas pareil.
Hier j'ai quand même eu des friandises, des caresses et des histoires, mais elle avait petite mine ma cavalière... Je me demande si on paille bien son box : elle toussait un peu en me graissant les pieds. Il va falloir que j'en parle à Alexandre . Il faudra peut être appeler son vétérinaire et lui faire des piqûres ?