mardi 26 mai 2009

Et les ragondins alors ?

Je suis le rêveur de la famille : là où je vois des vouivres, des gnomes et des fées, mon cousin Orozco qui est pragmatique voit ... des ragondins ! Ceci dit, des chevaux avec la tête sur les épaules, il en faut . Et Orozco, il est comme ça, solide, raisonnable , les sabots bien plantés dans le sable de la carrière, alors que moi, bien que plus vieux, j'ai toujours été un peu fantasque ...Il a le fond solide et travailleur des ibériques, moi ...le coté artiste !
C'est un cheval du soleil et de la terre rouge comme sa robe , puissante comme son encolure. Je suis de la lune et du vent dans les herbes, léger comme le coeur de ma cavalière sur mon dos ...
Nous sommes espagnols, ombre et lumière, flamenco et sévillane, semblables et différents . Orozco, têtu et courageux , Domino , obstiné et joyeux dansent ensembles dans la carrière de Crêvecoeur .

vendredi 15 mai 2009

Petit conte pour les jours de pluie


Aujourd'hui, il ne fait toujours pas beau et mon elfe m'a dit qu'elle ne m'emmènerai pas en forêt ( Maudite main, maudite branche ! ). C'est une journée à raconter des histoires dans la pénombre des box, en écoutant ruisseler la pluie sur le toit, et des choses à dire, en ce moment, il y en a : Il y a une vouivre dans le trou d'eau le long du champ quand on part en promenade dans la plaine . Nos cavalières ont remarqué que nous n'aimons pas cet endroit, quand les feuilles sont revenues . Avec les feuilles, revient la vouivre : la nuit, jolie demoiselle au visage triangulaire, aux grands yeux d'or liquide, un diamant au front qui sépare ses longues mèches rousses, toute nacre et perles, le jour terne couleuvre ...

Si la nuit, vous voyez luire à cet endroit comme en plein jour, n'approchez pas ! c'est qu'elle aura posé son diadème pour peigner ses cheveux. La voir à sa toilette, c'est l'aimer pour toujours et c'est souffrir pour toujours car elle n'aime personne, hormis le vent dans les arbres et l'herbe qui bruisse et l'eau qui clapote.

Il y a longtemps vivait dans ce pays un garçon rêveur et brun comme un bohémien ( peut être l'était-il un peu ...) , les yeux verts et longs, les mains fines . Il avait une belle jument grise, une de ses splendides cavales aux naseaux de velours, à la crinière folle et brillante, à la croupe ronde et ferme ! Il parcourait la plaine sans se soucier de rien, moissonnant au passage le coeur des demoiselles . L'une d'entre elle surtout , brune et légère comme un farfadet, qui le guettait au bord des chemins dans l'espoir qu'il s'arrête ... Mais que peut une fillette contre le vent dans les branches et le parfum de l'air du soir ? La voilà qui se plante au beau milieu du chemin ce funeste jour de printemps où elle a décidé qu'il l'a verra enfin ! Le garçon s'arrête, amusé : elle a gagné. Mais que lui dire, que faire pour retenir son attention ? Hélas, elle lui parle du trou d'eau, et du diamant au front de la belle serpente et brillent les yeux verts comme des escarboucles ! Ils se donnent rendez vous à minuit près du trou d'eau. Mais à l'heure dite, seul le garçon est au rendez-vous car le père de la petite surveillait sa fille depuis qu'il entendait parler les voisins de ses promenades au bord des chemins...

Une caresse douce sur l'encolure de la jument, et le voilà pied à terre, écartant les branches et contemplant sous le ciel d'encre le poignant spectacle : la vouivre aux yeux d'or, nue sous les étoiles et parfaite ! Et son coeur éclate dans sa poitrine quand langoureusement elle lève ses paupières sur lui.
On l'a retrouvé dormant au bord de l'eau . Il ne parle plus. Il ne chevauche plus et la belle jument dépérit. Son âme est morte dans les yeux de la vouivre et pleurent les demoiselles du pays.

Pour Odyle ...

La petite Odyle n'est pas aux écuries avec les copains et je n'aime pas ça. Elle a mal au ventre et on l'a emmenée loin de nous pour qu'elle aille mieux. Elle ne doit pas voir son humain aussi souvent qu'elle le voudrait, et quand le ventre fait mal, la voix gentille, les mains douces, les encouragements, c'est le meilleur remède pour un cheval qui souffre. Alors je suis un peu triste pour elle. Mais je ne suis pas inquiet , je sais qu'elle va revenir jouer dans les paddocks et se moquer de moi et de mes gnomes du tuyau d'arrosage. On fera une grande balade dans la plaine, et pour changer, je n'aurai peur de rien : je serai son fier hidalgo, son Zorro de la Brie ! Enfin ... je la laisserai passer devant moi et je protègerai ses arrières, comme avec Orozco.
Reviens nous vite mon Odyle gentille : On regardera danser la poussière de la carrière , on écoutera pousser l'herbe et mon elfe te donnera des petits pains suédois, rien que pour toi ( et pour moi ! )

mercredi 13 mai 2009

C'est les vacances ... Pour mon humain !

En ce moment, je vois mon elfe souvent, et je dois dire que j'aime bien ça, même si ça veut dire qu'il y a toujours un moment où il faut aller travailler dans cette maudite carrière ...
C'est qu'elle est "en vacances". Orozco m'a expliqué que cela revient de temps en temps, et qu'alors, on peut voir arriver son humain à des heures inhabituelles dans la journée : cela met un peu de surprise dans notre vie bien routinée. La raison des vacances est mystérieuse, mais les effets nous plaisent bien : plus de pommes, plus de câlins, et puis les voir évoluer devant nos box, entendre leurs voix, se faire longuement gratouiller, panser, masser ... J'adore !
Seule ombre au tableau : pas de promenade. Elle est restée blessée de notre escape de la dernière fois. J'espère que tout ça va se remettre. En attendant, je contrôle mes sursauts et je monte mon dos pour ne pas la secouer, comme l'a conseillé Orozco qui est expert en confort humain.

samedi 2 mai 2009

La saison des feuilles bien vertes est de retour !


Me voilà de retour, après un long silence ... Peuplé de concours un peu ratés et de douleurs au dos. Mais je vais mieux , et avec ce soulagement, m'ai revenue l'envie de vous raconter un peu mes aventures avec mon elfe ! Comme vous pouvez le constater ci-contre, elle est toujours d'humeur joviale , mais son attitude est plus "ferme" voir coercitive à mon endroit .
C'est que nous avons changé de "coach". Le nouveau s'appelle Yannick. Mon humain a l'air de bien s'entendre avec lui . En ce qui me concerne, c'est une autre histoire ... Il a décidé de muscler ma ligne de dos : je vous demande un peu ! Elle est très bien ma ligne de dos ! Elle me va très bien pour brouter au paddock ! Il parait qu'il faut que je ressemble à un ibérique ... Moi je pensais qu'il suffisait de me laisser pousser la crinière, mais il n'est pas d'accord. Le point positif, c'est que le travail dans la carrière est moins long. Par contre c'est fatigant ... Heureusement, il me reste les balades dans les bois avec Orozco , Victor et JB. Et en ce moment , c'est génial ! On a recommencé à trotter et à galoper, il y a des petites feuilles tendres partout et plein de surprises qui nous donnent un prétexte pour faire un peu la foire : voiture dans le champ de colza, gnomes ramasseurs de muguets, copains qui surgissent sans prévenir ! J'ai même sauté un fossé ... bon , j'ai un peu abîmé mon elfe au passage dans les branches, la prochaine fois, je choisirai un endroit plus dégagé : la pauvre a une énorme balafre sur le bras gauche. Pour la consoler, je l'ai laissée me mettre cette affreux onguent qui pue le diable sur ma crinière et ma queue sans broncher, et je n'ai pas tenté de lui reprendre la carotte qu'elle a pris dans ma mangeoire... Il faut savoir faire preuve d'indulgence de temps en temps.