samedi 12 décembre 2009

Croissant de lune

Manuel a de nouveau besoin de repartir : il charge la roulotte . Dans les bois près d'Orense, on a retrouvé le corps d'un homme, la gorge ouverte, les yeux fous et la bouche figée sur un hurlement pour toujours. On ne sait ni qui il est, ni d'où il vient, et le cadavre commençait à pourrir sous les feuilles ... La place du village bruisse de murmures horrifiés quand on ramène le corps et les mères serrent leurs enfants contre leurs jupes. Il porte les traces de morsures d'un loup de belle taille, mais on a ôté la graisse de son cadavre ...
Cette nuit là, Remedios a dénoué ses cheveux noirs , et si elles avaient pu voir, les femmes ne se demanderaient pas pourquoi Manuel revient saisons après saisons . Les yeux brûlants, les mains savantes, les hanches délicates de Remedios ... Sa peau blanche , ses baisers fous , tout lui crie "reste ! " et il se perds en elle comme on se noie dans une eau profonde ...
Barbara est retournée à la lisière de la forêt, malgré les rumeurs de danger. Elle a attendu longtemps, dans la nuit , allongée dans l'herbe odorante à contempler la lune accroché au ciel comme un quartier d'orange, en vain . Dans la maison silencieuse, Manuel dors entre les bras de Remedios , les doigts encore pris dans la soie de ses mèches noires : cette fois-ci, il l'emmènera .

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ah Cousin! enfin une suite! je croyais que ton inspiration s'était tarie!! j'espère que ce coup-ci, tu ne nous feras pas languir si longtemps! j'ai hâte de savoir la suite...
à bientôt Cousin!
Orozco