dimanche 13 septembre 2009

Pleine lune ...

C'est un conte d'amour et de mort comme il y en a dans mon pays que je vais raconter à ma façon pour Odyle qui aime les histoires. Comme elle est longue, j'en raconterai un petit bout tous les jours.
L'automne revient, avec ses galopades dans les feuilles rousses . La forêt est belle sous le soleil , aveuglante d'or et de rouge mais la nuit ...Les créatures qui la hantent sont dangereuses et magnifiques aussi !
Il y a longtemps, en Galice, dans le village de Regueiro naquit un petit garçon. Mais le jour de sa naissance, pas de fête au village. C'était le 9ème fils d'un homme pieux , mais dans sa mignonne paume de bébé on pouvait voir un duvet noir comme un velours de sinistre augure.
Le garçon grandit pourtant en force et en beauté, élevé par le curé pour conjurer le sort. Il apprit à lire et à écrire et à tailler le tissu pour faire de beaux vêtements. C'était un superbe garçon, aux boucles noires et épaisses, avec d'étranges yeux d'or sous d'épais sourcils noirs qui se rejoignaient au-dessus de son nez aquilin, lui donnant un air inquiétant et sauvage, malgré le sourire de sa bouche charnue, ou bien peut être à cause d'elle ?
Toutes les filles du village en avaient le coeur à l'envers...Et pas seulement les filles , les femmes mariées aussi qui rêvaient d'apprivoiser la bête en Manuel.
Certaines firent plus qu'en rêver ... Et il faut que les garçons apprennent ! Mais il restait seul et secret. Il les aimait toutes et aucune à la fois . Et les nuits de pleine lune ...la course dans les feuilles mortes, la chasse sous les arbres et le sang, et les yeux d'or qui brillent comme des escarboucles dans les taillis.
A Allariz, dans le bourg voisin, la belle Anna n'est pas rentrée , et sa mère a pleuré, et son frère a serré les poings. Manuel s'est marié. On ne plaisante pas avec l'honneur des filles de Galice, leurs frères y ont veillé.
Mais la nuit, ces hurlements dans le bois quand la lune est pleine ... Et le lit froid et vide... Et ce sourire étrange qui découvre les dents si blanches de l'époux.Certains soirs, il sent la terre et le chien mouillé, et ses étreintes sont trop rudes, il a d'étranges façons qui la font rougir. La belle Anna n'est pas heureuse, mais n'ose en parler à sa mère .

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ben ça démarre bien ton histoire, cousin! mais faudra pas trop nous faire attendre pour la suite! tu sais que je suis patient... mais je n'aime pas attendre, quand même!
Orozco